Bilan, à mi-saison mais en totale mauvaise foi

3 01 2012

L'homme qui veut plus faire parler de lui que Mourad Boudjellal...

Cette première partie du championnat nous aura appris une chose : il est un poste où le Top 14 compte un nombre de truffes à enrhumer un cochon truffier, les présidents. Entre une Coupe du monde à gérer au mieux, des joueurs dont ils ne savent pas très bien s’ils sont géorgiens ou sud-africains et des stars vendues comme des bolides mais motorisées comme une Ami 8, ils se sont lancés dans une ébouriffante course à la décision la plus stupide. Une course menée tambour battant par une flèche, Alain Afflelou. S’est-on jamais autant gaussé de l’Aviron bayonnais que depuis son arrivée ? Après avoir viré l’ancienne équipe dirigeante, qui avait pourtant fait du bon boulot, Tchin-Tchin a fait son marché avec une pancarte « go-go » punaisée sur son dos. Les agents n’en demandaient pas tant. Il y en eut même un pour lui refiler à prix d’or un pilier à l’AOC All Black, mais plus efficace au McDo qu’en mêlée fermée. Attention, pas de jugement hâtif, lorsqu’il aura retrouvé son poids de forme, celui du dernier tracteur Massey-Fergusson, vous allez voir ce que vous allez voir… Toujours est-il qu’avec quatre All Blacks (du jamais vu dans un club français, même à Toulon), le demi de mêlée gallois Mike Philips et l’as de la relance Heymans, son Aviron joue les voitures balais dans les profondeurs du classement. Heureusement, Alain Afflelou connaît si bien le rugby, qu’il avait la solution miracle : virer les entraîneurs. Malgré l’arrivée de l’excellent Jean-Pierre Elissalde, l’encéphalogramme reste plat.

Qu’il se rassure, Alain Afflelou n’est pas seul. Dans le genre grosse écurie qui bafouille son rugby, Perpignan le talonne de près. Un effectif pléthorique et stable, des stars, un public… 2011-2012 aurait pu être une saison « sang et or ». Surtout que pour remplacer le magicien Brunel, le président Paul Goze avait trouvé la perle rare, Jacques Delmas. Seulement plutôt que de le laisser travailler et, surtout, imposer ses vues, Goze l’a viré avant qu’il ait le temps de salir son suvet’. Pourquoi l’a-t-il recruté alors ? Le résultat ? Nib’ ! L’Usap se morfond dans la deuxième partie de tableau. Paul Goze a écouté ses joueurs. Fallait pas.

"Dis Christian, tu sais par où se tire d'ici ?" "J'en sais rien, moi Christophe, j'voulais pas partir..."

Autre cas stupéfiant, Agen. Budget riquiqui, pas de recrutement tapageur, pas d’ailier All Black « qui a été excellent si si mais c’était en 2002 avant qu’il se fasse amputer de la jambe droite », et pourtant le SUA virevolte parmi les six premiers, dans les places qualificatives pour la H Cup. Du coup, Alain Tingaud s’est dit, probablement pensait-il alors à Alain Afflelou, « il faut que je vire Christophe Deylaud et Christian Lanta. » Logique, ses deux entraîneurs, fidèles pami les fidèles d’Armandie, sont responsables de ce petit miracle. Du coup, la fin de saison devrait être celle des grands départ du côté des joueurs.  En attendant, contre vents et marrées, Lanta, Deylaud et leurs joueurs tracent leur route la tête haute. Mais à propos, en attendant quoi ? Un coach sud af’ ou australien au CV douteux et qui n’aura même le temps de voir mûrir les pruneaux.

Un temps, Jacky Lorenzetti du Racing s’est demandé s’il n’allait pas rejoindre la partie. Juste pour voir comme disent les joueurs de poker, il a viré l’excellent Simon Mannix, auquel le club francilien doit une fière chandelle. Pourquoi le licencier alors qu’il l’avait renouvelé dans ses fonctions quelques semaines plus tôt et que l’équipe ne traversait qu’une légère perturbation ? Hein, Jacky, pourquoi ? La réponse est simple : Lorenzetti auraut causé avec Afflelou. Comme toujours, l’entraîneur trinque, tchin-tchin.

Enfin, à l’opposé de ces excités du licenciement sec, Serge Blanco décroche la palme d’or du « J’maîtrise mes nerfs ». Alors que le Biarritz Olympique traverse une crise sans précédent, le président maintient sa confiance à l’entraîneur en chef Patrice Lagisquet et à tout le staff. Chapeau bas. Seulement là encore, il y a une raison cachée. Le fossé Biarritz – Bayonne, ça ne vous dit rien ? Tiens, même si Alain Afflelou et Serge Blanco devaient boire un café ensemble pour sauver le monde, je ne suis pas sûr qu’ils arriveraient ensemble jusqu’au comptoir.

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