Les adieux de Shane Williams, bis

25 04 2012

emblème ospreysAprès son dernier tour de champ avec le Pays-de-Galles, Shane Willams faisait le week-end dernier ses adieux au Liberty Stadium des Ospreys, son club. L’ailier gallois a fait aussi fort que sous le maillot rouge en inscrivant une nouvelle fois un essai dans le temps additionnel. En guise de point final à ces années passées à gambader sur ce pré, il a tenu à le transformer lui-même. Compte tenu de sa motivation, son coach aurait tout aussi bien pu lui demander de pousser en première ligne qu’il aurait enfoncé son vis-à-vis. Vous noterez au passage, qu’à la 82e minute, la défense des Dragon’s ressemble à une opération portes ouvertes.

 

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Pourquoi la victoire des Gallois nous fait le plus grand bien

22 03 2012

C'est qui les plus forts ?

Parce que ce sont eux les meilleurs pardi ! Comme dans les vieux films des années 50, les gentils gagnent à la fin. C’est aujourd’hui suffisamment rare pour sembler presque exotique. Depuis la Coupe du monde, les Gallois possèdent le jeu le plus abouti et plaisant de la (toute petite) planète rugby.

Parce que le XV de France doit se pencher sérieusement sur ses lacunes. L’équipe est depuis quelques mois vice-champion du monde. Mérite-t-elle ce titre ? Tout autant que Bernard Madoff le prix Nobel d’économie. A la fin du match contre les Gallois, certains cadres des Bleus expliquaient que deux ou trois occasions laissées en route leurs coûtaient le match. Peut-être, mais à trop l’emporter sans rien montrer,à trop gagner sur le fil,  la France en oublie ses carences. A force d’avoir le cul bordé de nouilles, c’est le XV de France Panzani que l’on tient. N’allez pas imaginer qu’il s’agit ici de conduire le procès de Marc Lièvremont ; le jeu des Bleus était soporifique bien avant sa prise de fonction. Le seul reproche que je lui ferai serait de n’avoir tenté de le réveiller que le temps de son premier Tournoi des 6 nations, avec beaucoup de maladresse. En clair, depuis 2003 et la fin du système des blocs de l’ère Laporte-Brunel, on s’ennuie, on s’assoupit, on se languit du Top 14. Qui a osé dire que le parcours en Coupe du monde du XV de France était aussi ennuyeux qu’un épisode de Derrick ? La presse néo-zélandaise, avec beaucoup de morgue, à la veille de la finale. Nous avons trouvé ça déplacé, odieux, arrogant… anglais quoi. C’était évidemment mal dit, mais depuis, il suffit que la France remporte ses deux premiers matchs du Tournoi pour que l’on envisage le dernier face au Pays-de-Galles comme une finale. Quelle suffisance ! D’autant, qu’en faisant les comptes le plus objectivement du monde, la France a battu les deux nations les plus faibles du Tournoi, basta.

Parce qu’il serait temps de trouver un nouveau souffle. Loin de nous l’idée de désigner tel trois quart usé ou tel avant à côté de ses pompes, vous n’avez pas besoin de nous pour  ça. En revanche, difficile de trouver que cette équipe de France tourne à plein régime. Avant le début du Tournoi des 6 nations, Philippe Saint-André a voulu faire confiance au groupe vice-champion du monde. Au nom de cette formidable aventure humaine qu’ils avaient vécue de l’autre côté du globe. Fallait-il qu’ils aient vraiment la tête à l’envers pour trouver quoi que ce soit de formidable dans ces interminables semaines ponctuées de matchs indigestes. Oui, ils se sont révoltés comme cet affreux Marc Lièvremont qui avait eu l’outrecuidance de les traiter de « sales gosses ». Dommage qu’ils n’aient pas montré la même fibre révolutionnaire en visionnant leur prestation depuis le revers argentin jusqu’au naufrage tongien en passant par le fiasco australien.

Parce qu’aujourd’hui beaucoup de fans de rugby préfèrent de loin le Top 14 au XV de France. Pire, hormis les occasionnels qui se se branchent sur le rugby pour les rencontres internationales, la quasi totalité des aficionados prennent plus de plaisir à disserter des heures sur les joutes franco-françaises que sur les sorties de nos internationaux.

Parce que le XV de France est largement capable de fournir autre chose que cette bouillie de rugby qu’il nous sert depuis… 2003. Les promesses d’un Fofana, d’un Maestri, le culot d’un Buttin, le flair d’un Yachvili, la puissance d’un Mas… il nous semble qu’il y a de quoi rêver, non ?





Ici Cardiff !

16 03 2012

Les Français avaient un peu vite cru qu’il s’agirait d’une finale. La rencontre entre le Pays-de-Galles et la France du samedi 17 mars revêt finalement une importance capitale pour les seuls Gallois, en quête de leur troisième Grand Chelem depuis 2005. Dommage tant ce déplacement sur ces terres de l’ouest du Royaume Uni vaut le détour. Un stade, le Millennium Stadium, absolument splendide au cœur de la ville, et non échoué en pleine zone industrielle comme le Stade de France, vaisseau extra-terrestre qui aurait foiré son atterrissage, une ambiance extraordinaire, des pubs à chaque coin de rue et des Gallois très accueillants, difficile de résister aux charmes d’un déplacement à Cardiff. Voici en images ce qui attend le XV de France et ses supporters demain…

Le Millennnium vu de l'intérieur à quelques minutes du coup d'envoi.

Les joueurs gallois à l'échauffement...

... et leurs supporters, à l'échauffement aussi.

Pour accéder au stade, le bus des adversaires fend la foule, la route ouverte par des policiers à cheval.

 

Enfin, si les pigeons qui se posent depuis le début du Tournoi pendant les matchs sur la pelouse du Stade de France vous exaspèrent, sachez qu’ils n’auraient aucune chance de le faire au Millennium. Pas plus que les mouettes du port voisin d’ailleurs. Pourquoi ? Le toit rétractable du stade n’y est pour rien. Le Millennium a en fait un pensionnaire un peu spécial, un faucon qui empêche à tous les autres volatiles la moindre incursion. Son petit nom ? Probablement le Faucon Millennium.





Tournoi 2012, et le gagnant est…

14 03 2012

Samedi, les Gallois peuvent décrocher leur troisième Grand Chelem du siècle. Hormis priver ces derniers de ce nouveau sacre, les Français, eux, n’ont plus grand chose à espérer ; logique vu leurs prestations depuis plus d’un an. Quant aux Anglais, ils peuvent encore rêver de terminer sur la plus haute place du podium si les Bleus passent une correction aux Gallois et qu’ils atomisent les Irlandais, histoire de rattraper leur large retard au niveau de la différence entre points marqués et points encaissés. Laquelle de ces hypothèses a votre faveur ?





Shopping chez Groggs

20 02 2012
stautette groggs

L'équipe galloise, en modèle réduit

Si quelques celtes n’avaient choisi de baptiser l’endroit Pontypridd, le bout du monde ou le cul du loup lui aurait fait l’affaire. Depuis la triste affaire du Brive-Pontypridd en coupe d’Europe dans les années 90, qui avait assez peu œuvré pour l’amitié entre les peuples, cette bourgade galloise a quelque peu disparu des radars. Comment diable, rouge évidemment, nous sommes-nous retrouvé à faire du shopping là bas ? Par la bonne volonté de l’épatant Stephen Griffin qui nous guida le temps d’un week-end dans la région de Cardiff. Le shopping ici se résume à Groggs, mais quel bouclard ! Entre le musée du rugby et le temple de la statuette. Depuis bientôt un demi-siècle, la famille Hughes façonne, moule et vend des statuettes, avec une spécialité, celle de rugbymen. Elle représente grosso modo 95% des étagères, le résultat d’un vote démocratique en Russie. Dans ces 95%, une grande majorité de joueurs gallois bien sûr, présent ou passé. Les deux stars incontesté étant Gareth Edwards, l’emblème du pays, et Neil Jenkins l’enfant du pays. Aujourd’hui c’est Richard, le fils de John le fondateur, qui sculpte les joueurs. « Chacune des statuettes me demande six semaines de boulot avant que nous puissions les commercialiser », nous a-t-il expliqué. Que ce soit pour des séries ultra limitées – John bosse actuellement sur un modèle de Shane Williams limité à 87 copies, comme le nombre de ses sélections – ou pour des modèles plus courant, Groggs détruit toujours ses moules au bout d’un moment afin de proposer de nouvelles créations. A côté des Mike Philips, Adam Jones ou George North, très populaires en ce moment, vous ne trouverez qu’un seul français, Sébastien Chabal, en tunique tricolore. C’est peu, mais toujours plus que les Anglais, complètement absents. A propos de séries limitées, Richard évoque vite Gavin Henson, dont les statuettes sous les couleurs des Saracens puis du du RCT comptent parmi ses plus rares ; les premières avaient été prêtes après son départ du club, les secondes n’auront pas été d’actualité très longtemps.

la première galloise fière de ses statuettes.

Les joueurs apprécient beaucoup leurs statuettes, un mur entier recouvert de photos des rugbymen posant avec leur modèle réduit est là pour en attester. Sébastien Chabal y figure, fier de repartir avec un sac plein de souvenirs de Groggs. Le mur de signatures dans l’atelier de Richard Hughes montre aussi que les joueurs n’hésitent pas à faire quelques kilomètres pour passer le voir. Si vous vous arrêtez ici, Richard devrait vous faire remarquer cet autographe tout en haut du mur, quasiment sur le plafond, celui de Luke Chateris, 2,06 mètres. « Il a à peine levé le bras », s’amuse le maître des lieux.

Au dessus de cet amas de statuettes aux allures de champ de bataille de petits soldats, la famille Hughes a amassé quelques reliques assez magiques. Chaussures, ballons et, surtout, maillots offerts par des joueurs. Tous les grandes nations sont représentées : Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Ecosse… et la France avec le maillot signé de Robert Paparemborde. Ces merveilles là ne sont évidemment pas à vendre. J’allais oublié, dans un coin trône un maillot de Brive, celui de Philippe Carbonneau, sur lequel le joueur laissa un message plein d’humour « en souvenir des campagnes avec Pontypridd ».

La galerie de maillots, chaussettes...





Gareth Thomas dans le Loft anglais !

9 01 2012

Sa décision de révéler pubpubliquement son homosexualité nous avait semblé une décision aussi courageuse qu’importante. Depuis, il semblerait que l’ami Gareth Thomas ait un peu perdu les pédales. D’abord, il passe à 13, ensuite il laisse à Mickey Rourke le soin de l’interpréter sur grand écran dans le film que le comédien (aujourd’hui plus proche physiquement des frères Bogdanov que de George Clooney) souhaite lui consacrer, et maintenant, il se prête au grand cirque de la téléréalité. L’ancien ailier ou centre du Pays-de-Galles et du Stade toulousain est entré ce week-end dans l’édition 2012 de Celebrity Big Brother sur la chaîne britannique Channel Five. Le concept est celui du Loft mais en lieu et place des habituels zozos qui font le spectacle, des célébrités. A en croire les noms énumérés par le présentateur dans la vidéo, ce sont surtout des stars de proximité. Hormis Gareth Thoams et Michael Madsen, un comédien formidable que vous avez probablement vu dans « Reservoir Dogs », le reste du casting jouit d’une notoriété incapable, même par les ondes, de franchir la Manche. Rugbyclub se promet de vous tenir au courant de la vie du pauvre Gareth, naufragé volontaire en milieu hostile. Enfin, et c’est à noter, Gareth Thomas est le deuxième international gallois à participer à une émission de téléréalité après Gavin Henson, brillant dans la version anglaise de « Danse avec les stars ». Si vous imaginez des Bleus dans le prochain « Secret Story », « Masterchef » ou « Koh Lanta », dites-le nous, on fera suivre !





Le départ d’un géant

6 12 2011

Petit par la taille… Avec 58 essais en équipe nationale, Shane Williams aura non seulement marqué le Pays de Galles, mais le rugby mondial. Pirouette de l’Histoire, ce serial-marqueur aura terminé sa carrière sur un coup de sifflet validant un dernier essai. C’était samedi 3 décembre dans un Millenium Stadium de Cardiff , où il ne restait même plus un strapontin libre, face à l’Australie. Dans ce remake du match pour la troisième place de la Coupe du monde 2011, ce sont finalement les Wallabies qui l’ont emporté, mais l’important n’était vraiment pas là et Shane Williams a eu droit à une sortie digne de son rang. Les joueurs des deux équipes ont sagement attendu que l’ailier de poche termine une interview dans le stade pour le raccompagner une dernière fois.

L’après-midi avait également commencé sous le signe de l’émotion puisque lors des hymnes, Williams sous le poids des larmes ne parvenait jamais à lever la tête.

Pleurs toujours avec cette dernière interview…

C’était le quart d’heure romantique de Rugbyclub. Prochain épisode dans quelques années avec la dernière taloche de Bakkies Botha ou le dernier jaune pour la route de Jamie Cudmore.