Bras cassé = 32 semaines

4 04 2012

Cher payé dites-vous ? Rugbyclub ne se lance pas ici dans une diatribe contre les coups francs signalés par un bras cassé de l’arbitre, et encore moins dans une analyse médicale. Ces 32 semaines ne représentent pas le temps qu’il faudra à soigner un bras cassé mais la sanction infligée à celui qui a cassé le bras, plus ou moins volontairement. Revenons sur les faits. Ils se déroulent en Angleterre lors du match entre les Leicester Tigers et les Saints de Northampton. A la sortie d’un regroupement, le jeune flanker des Saints Calum Clark tire sur le bras de Rob Hawkins comme il l’aurait fait pour décrocher le gros lot sur un bandit manchot à Las Vegas. Le bras du talonneur étant moins solide que les machines à sous du Nevada, l’extension extrême qu’il lui a fait subir lui a tout simplement cassé le bras. Saison terminée pour le blessé. Devant la commission de discipline, Calum Clark a reconnu un geste inapproprié tout en plaidant qu’il n’avait pas l’intention d’infliger une blessure. En gros, c’est un crime sans préméditation. La commission a donc décidé de suspendre le troisième ligne aile des Saints pour 32 semaines. A comparer avec des peines infligées récemment pour des fourchettes, cela semble bien clément, non ?





Du jaune pour un marron

9 03 2012

Un peu de provoc’ avant le Crunch. Comme un certain Brian Moore qui aimait à souligner la rugosité de ses adversaires français avant les derbys France -Angleterre – et il le faisait rudement bien le bougre, j’en veux pour preuve qu’il exerce le métier où les menteurs excellent, avocat (clin d’œil complice) – voici quelques images qui prouvent la douceur et la correction du championnat anglais. Le match oppose les Harlequins à Newcastle et il montre le tempérament bouillant du talonneur Rob Vickers. Prendre du jaune pour un si beau marron, c’est cadeau. Le rouge semblait pourtant inévitable. Même Sonny Bill Williams n’arrive pas placer de tels uppercuts dans ses combats (deuxième clin d’œil complice). Pour vous prouver qu’aucun sentiment anti-Anglais n’anime ce blog, vous remarquerez à quel point Joe Marler, le récipiendaire de la châtaigne, se tient à carreau. Pour un garçon qui avait choisi Botha-première langue pour son apprentissage, c’est remarquable.





Sodomie, c’est le qui perd gagne !

27 01 2012

MOURAD BOUDJELLALDepuis le temps que l’on nous serine avec les valeurs du rugby, je m’étonne qu’elles ne soient pas cotées avec les plus beaux fleurons du CAC 40. Ou qu’un Qatari n’ait pas tenté de les racheter. Jeudi dernier, la commission de discipline les a défendues vent debout, sortant l’artillerie lourde : son dé à 130 faces. Ça doit nécessiter une place énorme pour se jeter un dé à 130 faces. Et un temps fou pour s’arrêter. Pour preuve, François Guers, le taulier de la commission, l’a jeté le mercredi à peine Mourad Boudjellal reparti et il est revenu voir sur quelle face il s’était stabilisé 24 heures plus tard. D’un autre côté, il fallait bien souffler. Les douze justiciers venaient d’auditionner le président du Rugby Club Toulonnais pendant une heure et trente minutes. 90 minutes non-stop attablés les douze sages ! De mémoire de « rugbyphage », il n’y a que chez Guy Savoy qu’ils passent autant de temps autour d’une table.

Bref, pas de bol pour Mourad Boudjellal, le dé s’est arrêté sur sa face la plus élevée, son Everest, 130 jours ! 130 jours où il ne pourra ni fouler la pelouse du stade Mayol, et des autres, ni humer l’odeur des vestiaires rouge et noir, ni aller taper une belote dans ceux des arbitres. Ah, j’allais oublier l’accès aux couloirs menant aux zones citées plus haut lui est aussi interdit. Probablement de peur qu’il les tague de délicats « Arbitre sodomite ! » ou « Revol prend des RTT »

Cette sanction ne brille ni par sa lourdeur, ni par sa clémence ; elle étincelle par son ridicule. Judicieuse, la commission aurait pu condamner l’irascible à suivre des arbitres dans leur quotidien, comme le suggérait « L’équipe ». Vicelarde, elle aurait pu lui infliger de recruter des arbitres. Là, elle le met au piquet et jette un moelleux édredon sur les vrais problèmes maladroitement soulevés par Mourad Boudjellal. « Bon, ça c’est fait, se serait exclamé François Guers. Pause déjeuner et ensuite vous ferrez entrer Jamie Cudmore. » « Mais il n’a rien fait cette semaine Jamie Cudmore », l’aurait timidement coupé Marc Gaubert, l’un des vice-présidents de la commission. « Toujours aussi blagueur mon p’tit Marco ! Et Michel Tachdjian, ça fait un bail qu’on ne le voit plus. Il a arrêté sa carrière ou quoi ? » Silence gêné dans l’assistance. « Bon, je file, j’ai un lièvre à la royale qui m’attend. »

Ridicule donc puisqu’elle corrobore tout ce que Mourad Boudjellal avait prévu : l’ostracisme, les petits arrangements, ce rien-ne-bouge qui ankylose tant le monde du rugby. Mourad puni, Boudjellal gagnant, ou presque. 130 jours à passer là où TOUS les autres présidents de club trône, en tribune. En jouant les psys de comptoir, la commission lui inflige de rentrer dans le rang et de s’asseoir là ou tous ses semblables posent leur auguste séant. Il en faudra beaucoup plus pour dompter l’homme. Enfin, 130 jours, ça amènera donc Mourad Boujellal a regardé l’avenir et le 3 juin, date de la fin de sa peine. La commission a encore enfoncé une porte ouverte : la sodomie, ça vous force à regarder devant.





Pour sauver Mourad, tapez 1, pour le condamner, tapez 2 (appel non surtaxé)

12 01 2012

Les réactions aux propos de Mourad Boudjellal concernant l’arbitrage de Christophe Berdos se multiplient, y compris sur ce blog où je me félicite de la belle tenue des échanges. Se pose maintenant une question cruciale : quelle suite donner à cette affaire. Ne vous inquiétez pas, la commission de discipline a pris les choses en main. Le turbulent président du Rugby Club Toulonnais est convoqué toutes affaires cessantes pour s’expliquer. Le 25 janvier. Pas avant ? Ben non, puisque la semaine prochaine, ses membres ont leur séminaire Cudmore (une fois pas mois, ils réfléchissent à l’avenir des multi-récidivistes), la suivante, c’est la tournée des vœux à leurs meilleurs clients, à Perpignan chez Le Corvec, à Montpellier chez Gorgodze puis c’est la session cigare avec Christian Blanc en maître de cérémonie, le 23 c’est repas chez Gagnaire, le 24 chez Bocuse… Le 25 s’imposait comme  Florian Fritz en équipe de France. Le sous-secrétaire au mêlée écroulées avait pourtant prévu un repas chez Camdeborde, mais devant la gravité des événements, il a reporté à la semaine suivante ; morale la sodomie l’emporte sur l’appétit. Bref, si comme Rugbyclub, le sort de Mourad Boudjellal vous importe, votez massivement et nous apporterons les résultats à la commission afin de lui suggérer la meilleure sanction.





Tindall trinque

12 11 2011

Les agissements des joueurs du XV de la Rose hors des terrains en Nouvelle-Zélande ne seront pas restés pas impunis (à relire ici). Outre les amendes de 5000 £ (environ 5800 €) infligées à Chris Ashton et James Haskell pour leur comportement inapproprié avec une femme de chambre, c’est surtout la sanction dont écope Mike Tindall qui constitue une énorme gifle pour le joueur : 25000 £ (pas loin de 30000 euros) et une exclusion définitive du XV d’Angleterre. Un rouge à vie, ça n’est pas courant et pour celui qui en était il n’y a pas si longtemps le capitaine, qui a remporté une coupe du monde sous cette tunique, c’est au delà du camouflet. Pourquoi une telle décision ? Rob Andrew, désormais parmi les plus haut gradés de la RFU, la justifie ainsi : « Les agissements de Mike Tindall ont atteint un niveau d’inconduite inacceptable pour un ancien de l’équipe d’Angleterre, ce qui constitue une très sérieuse violation de notre code de conduite. » Pour mémoire, Mike Tindall avait été aperçu en charmante compagnie et dans un état d’ébriété avancé dans une boîte de nuit en plein premier tour de la coupe du monde. Son récent mariage avec Zara Philips, la petite fille de la reine d’Angleterre, faisait de lui la cible n°1 des paparazzis dans le squad anglais et ces mêmes paparazzis n’en espéraient pas autant de sa part. Seule Elizabeth II semble aujourd’hui en mesure de lui sauver la mise. God save the queen…

Mike Tindall : la photo qui lui coute sa fin de carrière (The Sun)





Fourchettes, plaquages & mauvaise foi…

4 10 2011

L’autre soir, devant « Au contact » sur Eurosport, quelle ne fut pas ma surprise de voir Xavier Garbajosa et Pierre Berbizier s’emporter après la commission de discipline qui sévit pour la Coupe du monde. Ces messieurs la trouvaient partisane. Allons donc. Pourquoi pas de mauvaise foi tant que vous y êtes ? Les gars de la commission refusent en bloc le travail à la chaîne, les tâches répétitives, voilà tout. Comme Torquemada qui avait tout un arsenal pour punir les hérétiques, la commission fait dans la dentelle, dans le cas par cas. Delon Armitage décapite un Écossais. Ne sont-ce pas ces mêmes Scottish qui enquiquinent la couronne depuis des siècles… Sans compter la petite gueule d’amour de Delon Armitage. Alors, Delon  ? Au coin pour un match. Normal ?

Autre accusé devant la commission, Fabrice Estebanez, auteur d’un plaquage cathédrale sur un joueur du Tonga. Cathédrale ou chapelle de village… c’est l’intention qui compte. Trois matchs au piquet, adieu la Coupe du monde. Pour le même geste, lors du même match, l’ailier Huffanga écope de 5 matchs au frigo. Deux matchs de plus ? C’est dur, d’autant que des cathédrales au Tonga, Huffanga ne doit pas en voir tous les jours. A moins qu’il s’agisse de célébrer la foi des joueurs des îles…

Enfin, selon vous, le talonneur italien Ghiraldini a-t-il vraiment voulu faire une fourchette au pilier irlandais Cian Healy ? Dans ces cas-là, les commissaires britanniques hésitent souvent ; parfois ils y voient un geste odieux, d’autre fois un simple « pince-mi pince-moi ».

Pour mémoire, cette commission si vigilante sur les gestes dangereux n’avait puni l’angélique seconde ligne du XV de la Rose XXX que de deux matchs pour son geste sur l’argentin Mario Ledesma. Pourquoi si peu ? Les perforations du poumon à coup de genou ne sont pas encore répertoriés par l’IRB. Patience, Courtney Lawes est encore jeune et ce type là a une tête de jurisprudence.





Courtney Lawes, la toute petite sanction

14 09 2011

Connu de tous pour ses basses œuvres, Courtney Lawes s’est encore illustré pour le match d’ouverture de la Coupe du monde. Face aux Argentins, le puissant second ligne britannique a d’abord pulvérisé Gonzalo Tiesi sur un plaquage pas vraiment à retardement, mais pas en avance non plus. Jetez un œil à la torsion du genou de Tiesi sur le ralenti… épouvantable. Ensuite, un coup de genou en pleine tête a  laissé Mario Ledesma de longues minutes dans le cirage. Le tarif pour Courtney Lawes, deux petits matchs de suspension. Pour un geste à ce point dangereux, la sanction semble d’une incroyable clémence. Pire, elle n’est absolument pas dissuasive.